Signe 1

C’est avec l’ouvrage intitulé Everies que leur auteur fut confronté au tout premier Signe, parmi tant d’autres qui devaient ponctuer tout son parcours littéraire.

Ouvrage de jeunesse ; manuscrit, comme tous ceux qui le précédèrent ou devaient suivre, travaillé et retravaillé pour finir par le taper à la machine à écrire dont le point final devait être planté, jeune marié, à l’âge de trente ans.

Détail important; pour augmenter le nombre d’exemplaires, auteur ayant utilisé comme support des feuilles de papier soie de couleur, en l’occurrence jaune.

Encore naïf, ce travail terminé, en envoyant un exemplaire à une maison d’édition.

Peu de temps après, revenant de Lausanne pour des achats de partions destinées à ses cours de piano, il se trouve assis, dans le train de retour pour Sion, en face d’une jeune femme qui, au bout d’un moment s’empare d’une serviette dont elle extrait un ensemble de feuilles de la même texture et couleur, et qui se met à sa lecture…

Auteur qui se dit ; : – Non ! Ce n’est pas possible ! Une simple coïncidence !

En cours de route, jeune femme le dépose sur la tablette se trouvant entre eux, pour se lever et s’absenter.

Après s’être assuré qu’elle se trouve hors de portée, auteur qui s’empare de ces feuillets pour en parcourir en toute hâte la page de garde, éberlué d’y découvrir le titre ; « Everies »

Qu’allait-il faire, selon vous ?!

Attendre le retour de cette jeune femme, sans aucun doute lectrice de cette maison d’édition et lui apprendre qu’il était l’auteur de cet ouvrage.

Erreur !

Après avoir remis les feuillets à leur place, il se lève, ramasse ses affaires et s’éloigne, de wagons en wagons, jusque à atteindre le plus éloigné de celui qu’il vient de quitter !

Tout en se retournant, comme le diable à ses trousses et frousses.

Convaincu que, s’il avait agit selon vos suppositions, une effroyable catastrophe se serait abattue sur tous deux.

Tel ainsi que Pierre, l’apôtre de Jésus, s’il avait été poursuivi par elle, à défaut de coq, aux ronronnements du train, prêt à renier par trois fois et même d’avantage encore, au besoin ; – Je ne connais pas… ce manuscrit!

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