Chant Ivre:

Chant ivre:

Roule, papier trop blanc ; et bercent, aux larges les plus longs comme aux lents infinis de désertiques plages, leurs délires inlassables, givrant…

laisse glisser un fleuve, de ses flots irradiés à ces mers océanes dont on nous parle tant; sous leurs voiles ventrues, brusquement recouvert, en un gauche, trop hâtif linceul, crouler le frêle esquif, en des flots, assoupi, dont nous tairions le nom; bien plus profondément que gisant en nos terres, irascibles frimas, sous la pierre que l’on roule, corps et âme, éperdu.

Toi, fuis où le renard s’ébroue; vers ces fourrés sanglants, qu’embrase un astre lourd, en ses sourds entrelacs, où l’obscur écureuil amasse ses misères pour un hivers de plus que l’on nous ment, de pluies, qui promet d’être lent, voire ne jamais mourir, pour de veufs printemps.

Ci gît le rire! Dru gravé sur le marbre ; comment lors en douter? Ainsi que chiche noix brisée toute, aux reins.

Frileux, l’enfant resserre, un à tant tous les liens qui l’enferment au piège; l’oiseau choit, en dormant, d’un nuage distrait, à la terre que l’on dit nourricière, las, pour lui, mais si fêle, quoique des plus distraite, vaguement carnassière.

Toi, fuis! 0ù l’eau se fait de feux, comme orage ruisselle en ses foudres et rages, où l’éclair étreint celle… là plainte demeurées, sans voix, d’avantage que croix gisantes, implantées; de fer ou simple bois, honnête sépulture; sans pleurs greffés profond, pas plus que souvenirs adjoints à tant d’autres déjà, issus de tous les temps.

Le papier broie de noir le coeur étreint de foules anodines, plus âcre et prude que le bronze de trop gras angelots.

Ton visage s’éteint, brutalement soufflé comme on mouche chandelle au tard d’une veillée; rachitique lampion de fêtes que l’on dit reportées à demain; ne tourne plus, la tête, aux rythmes de nos rondes, leurs musiques allègres; et les enfants, fort las, s’en vont, le coeur gros, le dos rond, déchus si lourdement du rêve, ronger ailleurs leurs doigts, en guise alors de frein.

La fenêtre est ouverte, pourtant! Leur crie-t-on, de tous bois, comme encore du plus haut de nos multiples toits; mais si longue, la nuit, tant patiente et profonde, où rien de plus ne luit que quelque rare étoile là tout comme oubliée; en ce deuil indigeste, un sourire, mais qui sait, brodé au point de croix ; gauchement esquissé; que l’on pourrait saisir, en son vol, surpris?

Toi? Mais il te faut plus loin t’en aller aussitôt.

La montagne est de pierres amoncelées partout et tellement plus haut que son propre vertige; la mer plus insondable encore, sous sa chute, sereine; sans qu’il ne fut possible de changer à l’histoire dès lors quoique ce fut ; revécue toute entière en ses sens absurdes?

L’astre tourne et l’entraîne à sa propre poursuite…

Ton visage est de plomb;

toujours fuit le renard, prisonnier de lumières, où il lui semble, mais de combien à tort, bon; vers des sables plus blonds?

Que l’enfant creuse, effrite, en quête, mais qui sait, ne fusse que de fossile fleur? 0ù y enfouir, plutôt, des plus naïvement ses peurs.

Il souffle la lampe de demain, de tant d’hiers avec celle mais enfin de l’instant; tout oreille à la nuit…

Fuis!

Le voilier gîte au port, cependant toutes voiles dehors; rue et tire sur sa chaîne aux maillons distendus; comme extirpe son ancre de la vase des fonds; mieux encore, au quais vingt, le croit-on, un train ronge son frein.

Le fleuve est sourd à de tel cris; rudement nous sépare, et cela, de son lit; déçu, l’enfant agite son mouchoir, plutôt que d’y pleurer; sous des cieux assombris, eux mais alors se décidant enfin à quelque éclats de pluies; larmes ici versées, dès lors, de nulle joie, plus qu’anonyme peine.

Un fleuve écoule bien plus loin ses contes et légendes, mais de tels temps anciens; dont plus personne ne saisit franchement le sens.

La montagne se terre, frileuse; désuète.

Fuis! L’avenir est devant; cours, accours; encore un peu plus loin; plus inlassablement, comme de jours en jours, adjoints à plus de nuits.

Mais il préfère caresser le renard, sourire à l’hirondelle qui déchire, de son aile, ces aubes de printemps; si effuses dentelles!

Ah, quêter sans rigueurs, accéder au si simple abandon?

Déjucher d’une épaule, dégrafer de son cou mais enfin cette envie de n’être plus de vous?

Fuis!

L’animal, cabré, fol, aussitôt tout t’emporte; au travers des défaites, tant fier et preux, altier, le chevauchant, ta lance pointée haut; drapeaux mais mis en berne, à contre coeur si las; pas plus que rond lunaire un là quelque de plus, malement esquissé à la surface d’étangs morts…

Non!

Tournent elles aussi aux grès de mêmes vaines voltes et gires, les ailes des moulins; tournent les soupirs aigres des vieux et vieilles de demain; tourne le lait ranci, sur la lèvre des veuves et de tous orphelins; grince le grelot gris, au berceau de bambins.

La fenêtre est offerte tant largement ouverte! Le criait-on toujours; mais y vit, nous en vient que le vent, sauvage et bourifant nos las rêves vécus et tant d’autres enfouis.

Brûle, papier trop blanc, aux angles racornis, de tant de marges jaunies; de poussiéreuses farandoles en souvenirs frileusement étreints, finalement réduits.

Une étoile fiévreuse, avec d’autres, s’enfuit; à leur exemple, finalement filante, pour de tant improbables retours.

N’avait-il su vraiment l’apprivoiser? Au mieux la prendre en ses filets? Contenir, en leurs rets, sa chétive et fugace apparence; peut-être, mais qui sait, sa double ou triple réelle appartenance?

Fuis!

Un bienvenu naufrage, de pieds fermes, semble-t-il, nous attend; sous les pierres, éventré, tout comme, au mieux, tapi, frangé d’embruns enfin, dès lors, abstraits; aux cris stridents, dit-on, pour ne l’avoir concrètement vécu de fous oiseaux marins, gainés mais eux aussi de blanc!

L’île est encore aux larges réputés les plus grands; où fleurissent les songes, quasiment à foison, en bosquets, ou autres épineux buissons; voire gravés ou juchés sur des branches malsaines, au gras de troncs gisants.

Maintenant, l’algue meurt, juste où le nénuphar éclot, pointe sa gangue incendiaire au miroir de ses vases; les vapeurs d’un étang, se drapent en leurs mystères; jouent, en silence, entre elles, mais exclusivement à se faire peur.

Le rameau, cueilli voici longtemps, chu de ses lèvres flétries, tout comme lui, en tant que larme morte, tombe; joint à ses eaux, un bref instant, porté par elles, en guise ici de muet, anonyme et si terne épitaphe?

Fuis!

Il en est temps encore; du moins, le prétend-on?

Mais, à quoi…long. La neige, déjà, fond; un nuage s’étire sur de flous comme las horizons; vide tout juste, à peine, un verre dit, mais pourtant, promis comme juré pour être le dernier, à nouveau et ras bords se remplit. Tout à son fond, en de si proche lies, j’y vois germer en gerbes, plantureuses brassées, des années molles qui sont miennes.

A quoi bon, donc, désormais, las de plus, restaurer mes prisons? En instaurer de veuves.

Son fleuve est large et vaste… et son papier déteint.

Un lent feu couve sous la cendre ; les sables d’une plage… et sa fumée tiédie vrille des cieux entiers de vives braises et tant autres scories?

Les moulins tournent rond, leurs pâles à ces cieux, encore un petit peu; avant qu’un fleuve les immerge.

Il demeure sur sa berge…

Le papier l’interrompt.

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